Biographie
                                                                                                 


 


                            Pierre Marie Claudius Savoye naît le 1er décembre 1856, à Ouroux (Rhône).


    Fils de Philibert Savoye, instituteur, et de Claudine Michelette Gobet, il ne reste à Ouroux que peu de temps puisque son père est nommé l’année suivante à Emeringes. Il passe donc sa jeunesse dans cette petite commune beaujolaise.

    Le milieu d'où sortait Claudius Savoye paraît très orienté vers l'étude. Les enseignants y sont en majorité, exerçant leur profession aussi bien à Lyon qu'à Paris, qu'en Beaujolais.

     Claudius Savoye entre  en 1877, à l’école normale de Villefranche.

    Brièvement nommé instituteur adjoint à Juliénas, il revient assez vite à Villefranche dans un poste plus élevé qu’il occupe jusqu’en 1881.

    Il prend alors la direction de l’école d’Odenas, commune où il s’installe définitivement.


    Dans la grande tradition des instituteurs de cette fin du 19eme siècle, les hussards noirs de la république comme on les appelait, Claudius Savoye va s’impliquer pleinement dans la vie de sa commune d’adoption. En plus de son métier d’enseignant, il remplit le rôle de secrétaire de mairie et chef de la fanfare. Il ouvre aux familles, en 1889, la bibliothèque scolaire crée par son prédécesseur et rencontre un vif succès. 

A cette époque, les lectures et le bruit des découvertes de Solutré vont le faire s’intéresser à la toute jeune discipline que l’on nomme préhistoire et aux progrès de l’archéologie. D’autant que lors de ses promenades sur le territoire d’Odenas, il ramène lui aussi une grande quantité de ces pierres travaillées de main d’homme.

Ernest Chantre, qui a entreprit des recherches dans le bassin du Rhône depuis déjà quelques années, le remarque et l’encourage à continuer ses recherches. Il l’aide à publier ses premières publications en l’accueillant dans l’Association pour l’Avancement des Sciences et dans la Société d’Anthropologie de Lyon, qu’il dirige. Jusqu’à sa mort malheureusement trop précoce, il ne cesse de collecter objets, documents et témoignages sur le passé de son pays natal, mais aussi des régions voisines.

Fidèle des congrès de l’Association Française pour l'Avancement des Sciences, il évoque ses vingt ans de recherches  dans celui qui se tient à Lyon, en 1906 :

« Aux temps héroïques de l'archéologie préhistorique - il y a bien quarante ans - le Beaujolais n'avait tenté aucun des rares savants qui s'occupaient de recueillir dans le bassin du Rhône les traces de nos lointains ancêtres. Aussi, lorsque vers 1885 nous commençâmes nos explorations, n'avions-nous aucun jalon qui pût nous donner l'espoir de fructueuses récoltes.

Cependant, guidé et encouragé presque dès le début par M. Chantre, nos investigations furent couronnées de succès et, peu à peu, toutes les étapes de 1a grande période des industries lithiques étaient reconnues eu Beaujolais.

Personnellement, nos recherches ont porté sur la partie du Beaujo­lais formant l'arrondissement de Villefranche et principalement sur les cantons de Belleville, Beaujeu, Villefranche, Anse, le Bois ­d'Oingt, Tarare, Monsols et Lamure.».


Entretenant une abondante correspondance avec les amateurs de préhistoire à propos de ses découvertes, il est également membre de l’Association pour l’Avancement des Sciences ; de la Société d’Anthropologie de Lyon ; de l’académie de Villefranche, nommée à cette époque Société des Sciences et Arts du Beaujolais ; de l’Académie de Mâcon ; et de la Commission Départementale chargée de l’histoire locale de la Révolution.

Surmené, usé, il meurt prématurément à l’age de 52 ans, le 28 octobre 1908.

Claudius Savoye est essentiellement l’auteur du livre « Le Beaujolais préhistorique », résultat de ses recherches jusqu’en 1899. Cette étude fut d’abord publiée par la Société d’Anthropologie de Lyon, sous la forme du bulletin pour l’année 1898 grâce à son plus fidèle soutien Ernest Chantre, qui en est le secrétaire général. Il est également un membre influent de l’Association pour l’Avancement des Sciences et convainc ses confrères d’utiliser une partie d’un legs qui venait de leur être fait (Legs Girard) pour aider à l’édition du livre. Le Beaujolais préhistorique sort donc en 1899 chez l’imprimeur-éditeur A. Rey à Lyon.

C’est un succès et l’œuvre est tout de suite considérée comme un modèle par les milieux spécialisés.

Son faible tirage en fait vite une rareté dans le marché du livre, et l’absence d’héritiers précipite l’oubli du personnage et de son œuvre. Il faut attendre 1994 et l’exposition et le livre que consacre M.L. Odin à Claudius Savoye et Odenas pour que l’on reparle un peu de son travail.

Son livre est réédité en 2000 par René Georges Editions (Lyon), puis en 2007 par Dedales Editions(Lyon).


Léon Galle. Revue du Lyonnais. Septembre 1899. P. 207.

« Une merveilleuse introduction à toutes les études historiques sur le Beaujolais. C'est le résultat de nombreuses fouilles, de savantes recherches exposées avec autant de clarté que de précision. Le lecteur suit avec émotion et curiosité l'aimable érudit dans ses heureuses trouvailles de gisements. Il entrevoit les tâtonnements de cet embryon de civilisation qui se manifeste d'abord par des haches, des couteaux, des pointes de flèches en pierre, puis par de grossières poteries, par des armes, des instruments, des bijoux de bronze et de fer... A la fin du volume, des pages charmantes, pleines de poésie et de fraîcheur. M. Savoye nous fait connaître le folk-lore (traditions populaires) du Beaujolais. »


A. Bleton. Supplément littéraire du Lyon Républicain, 22 octobre 1899.

« Le livre de M. Savoye fait partie de ces ouvrages qui représentent de longues années, quand ce n'estpoint une vie entière, de labeur, véritable travail de mineur qui fouille le sol et explore les tréfonds... »


Docteur Capitan. Revue de l'école d'anthropologie de Paris. 1901. P. 24.

« Cette très importante monographie est pleine d'intérêt et pourrait être donnée en exemple aux instituteurs qui, ainsi que l'a fait l'auteur, voudraient et pourraient consacrer à l'étude de leur région beaucoup de temps, de travail, d'intelligence, d'ardeur et de soin... »








                         Source de ces deux photos:  
                                      LIVRE
.                           Claudius Savoye:
         Instituteur,Préhistorien,Historien
                                      Odenas

             son village en terre de Brouilly.
           Les Presse de l'imprimerie du Commerce
                       Villefranche sur Sâone
                            10 Décembre 1994
                                 M.-L.A ODIN

Accueil Bibliographie Le Beaujolais Préhistorique Exposition Livre de Mme Odin Odenas